Topaloff, bon vivant !2 Mai 2008 Annie Stone et Patrick Topaloff interprèteront «Le Phénix», au Centre multimédia de Jaunay-Clan, le samedi 17 mai. A cette occasion, Le Technopolitain.com publie la suite de l’entretien réalisé fin avril retranscrit en partie dans la version papier du journal de la Technopole.
Patrick Topaloff est un drôle de personnage. Bon vivant, il ne peut pas s’empêcher de glisser un calembour au milieu d’une phrase qui pouvait paraître sérieuse au premier abord. Le Technopolitain lui a annoncé le décès de Claude François ! Il s’est esclaffé, l’air éberlué, répétant à tous ceux qui étaient autour de lui la nouvelle que venait de lui apprendre un journaliste pris quelque peu pour un idiot dans cette histoire ! Un moyen pour l’artiste de souligner que son mentor n’est pas mort dans l’esprit des fans.
Enfin, faisant preuve de transparence, la rédaction du Technopolitain doit avouer qu’elle n’avait pas prévu d’interviewer Annie Stone. La rencontre téléphonique s’est faite par hasard ! Ensemble en tournée « Age tendre et têtes bois », Stone est apparue devant Topaloff au cours de l’interview. Voilà comment on en vient à « discuter » avec une star des années Yéyé. Une rencontre agréable que le Technopolitain a choisie de partager avec ses lecteurs.
Quelle a été votre première apparition au théâtre ?
«C’était il y a cinq ou six ans. La pièce s’appelait ‘Ciel, ma mère !’, avec Olivier Lejeune et Ginette Garcin. C’est elle qui m’a incité à monter sur les planches. Elle est devenue ma marraine. Quand elle m’a proposé de faire du théâtre avec elle, je lui ai répondu que je ne n’avais jamais pris de cours de comédie. Elle m’a alors rétorqué : ‘Tu sais, Patrick, tu as fait la meilleure école de théâtre qui existe. Tu as fait du music-hall.’ Et je me suis rendu compte qu’elle avait raison, enfin je crois. Ensuite, j’ai notamment joué dans ‘Sacré Georges !’, avec Sophie Darell.»
Jouer «Le Phénix», c’est une véritable épreuve de marathonien…
«C’est vrai qu’Annie et moi, nous sommes présents sur scène tout au long de la pièce. On en sort crevés ! Mais c’est un plaisir. D’autant qu’on est parfois obligé d’improviser. Au lancement d’une représentation en mars, le régisseur avait oublié de poser l’ordinateur portable sur la table. Or, la pièce s’ouvre sur un monologue de mon personnage qui fait semblant de s’adresser à cet ordinateur… Il était trop tard, alors j’ai inventé une histoire racontant que l’inspecteur des impôts était si énervé qu’il l’avait saisi en partant !»
Comment faites-vous pour mener de front le théâtre et votre participation à la tournée «Age tendre et têtes de bois» ?
«Les producteurs s’arrangent entre eux. Quand tout le monde se rhabille et rentre chez soi, Stone et moi partons jouer le Phénix dans une autre ville. La tournée ‘Age tendre’ s’arrête fin mai pour ne reprendre qu’en septembre, entre temps le producteur du Phénix lâche les chevaux ! Ce sont deux expériences différentes. Dans un tour de chant, si on se plante, ça ne s’entend pas. Au théâtre, les comédiens sont en prise directe avec le public.»
Quel est votre rôle dans le spectacle «Age tendre et têtes de bois»?
«Je suis accompagné d’un caméraman, et j’accueille les gens, je les mets en boîte. Je vais dans les coulisses pour montrer les loges au public ainsi que la préparation des artistes. Je mets les spectateurs dans les conditions idéales pour apprécier le show.»
On dit que Claude François a contribué au lancement de votre carrière. On célèbre cette année le 30e anniversaire de sa disparition. Quelles ont été exactement vos relations ?
«J’ai entretenu avec lui une relation amicalo-conflictuelle… En 1970, la première fois que j’ai vu Claude François, je devais l’interviewer pour Europe 1. J’avais réservé un studio pour 14h30 mais il est arrivé à 17h. Alors, malgré sa renommée, je l’ai engueulé ! Le lendemain, il était à l’heure à notre second rendez-vous. C’est comme ça qu’on a sympathisé. Il m’a proposé de faire le disque ‘Qui m’énerve !’ qui a ‘marchoté’. C’était encourageant. Je passais tous les week-end au Moulin de Dannemois. Un jour, il m’a appelé pour me présenter une chanson. Le compositeur Jean-Pierre Bourtayre était au piano et Claude François s’est mis à chanter ’J’ai bien mangé-j’ai bien bu-j’ai la peau du ventre bien tendue-merci petit Jésus…’ Pour moi, c’était de la daube ! Mais j’ai enregistré ce morceau et il est devenu ce que tout le monde sait maintenant.
En 1972, au Palais des sports de Grenoble, je faisais la première partie de Claude François devant 7 000 personnes. Enfin, il faisait ma seconde partie… ! Ce n’était pas un mec facile avec le personnel mais il m’a appris beaucoup dans le métier. Pendant que j’étais sur scène, il me regardait en coulisses, assis sur un tabouret. Et quand arrivait l’entracte, j’allais le voir dans sa loge et il m’énumérait les points positifs et les gestes en trop.»
Recueilli par Romain Mudrak
L’histoire
« Le Phénix », adaptation d’une pièce anglaise
« Le Phénix », c’est le surnom donné à Hubert Clairval quand il était en haut de l’affiche. Aujourd’hui star sur le déclin, traquée par le fisc et par son ex-femme, il va renaître de ses cendres, tel l’oiseau légendaire, grâce à un inspecteur des impôts qui, sous prétexte de le contrôler, mène ses investigations pour des motifs sentimentaux. Loïc Lebreton a choisi d’adapter en français « The Revival », de Lewis Silverstein et Ray Olsen. Une pièce pleine d’humour et de tendresse qui a eu un énorme succès outre-manche.
Tarifs : 20/25€. Infos au 05 49 46 71 70
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