Dans une lettre adressée le 18 mars 2008 au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, Gérard Aschieri dénonce les conditions de transfert d’une vingtaine d’agents d’une antenne du CNDP, située rue d’Ulm à Paris, vers la Technopole du Futuroscope. Le syndicaliste rappelle ainsi que Patrick Dion, directeur du CNDP, avait transmis au ministre en janvier dernier
« un projet de plan d'accompagnement ». Ce projet prévoyait une information des personnels au moins 6 mois avant la date effective de transfert des services.
Or, le 22 février, poursuit Gérard Aschieri, Patrick Dion
« a remis en mains propres à la vingtaine d'agents du CNDP travaillant rue d'Ulm la lettre individuelle, enjoignant aux personnels de choisir d'ici le 31 mars entre le transfert à Chasseneuil, le reclassement en Ile-de-France ou une autre option ». La raison alléguée serait
« le souhait émis par la directrice de la rue d'Ulm de voir le CNDP quitter au 31 août ses derniers bureaux ».
"Démembrer le CNDP"
Pour la FSU,
« il n'est pas concevable qu'un tel motif immobilier justifie d'agir dans l'urgence ». D’autant que dans un communiqué précédent, daté du 26 février 2008, l’intersyndicale FSU-CGT-CFDT indiquait que
« la moitié des locaux loués par le CNDP rue Gabriel-Péri, à Montrouge, était inoccupée et suffirait très largement à héberger les agents travaillant sur le site de la rue d’Ulm ». « La démarche employée met les personnels une nouvelle fois le dos au mur. Elle traduit la volonté de démembrer le CNDP », insiste de son côté Richard Béraud, secrétaire général de la Ferc-CGT, dans une lettre datée du 4 mars 2008. Les deux fédérations demandent au ministre de rétablir le
« dialogue social » au sein du CNDP afin que les personnels soient
« respectés ».
Le transfert des personnels et des activités du CNDP à Chasseneuil-du-Poitou a été décidé dès le 13 décembre 2002 par le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT). Il se poursuit depuis, étape par étape. En septembre 2007, Patrick Dion expliquait que les salariés peuvent choisir entre venir sur la Technopole avec une indemnité de délocalisation, ou quitter le CNDP pour un autre établissement tel qu’une université. La direction du CNDP n’a pas souhaité réagir à ce nouvel épisode. Aujourd’hui, près de 180 personnes travaillent encore en région parisienne.
Romain Mudrak