SFR : la crainte comme fil rouge25 Sept 2007 Tous de noir vêtus, les ex-SFR ont déposé le 1er août dernier devant leur bâtiment une couronne de fleurs portant l’inscription « à la mémoire des 1 900 », du nombre des téléopérateurs « sacrifiés ».
Un faire-part de décès envoyé à la presse et le centre d'appels du Téléport 2 fut déclaré « site mort ». Depuis cette date en effet, SFR a vendu à Arvato services pour un euro symbolique chacun trois de ses centres d’appels dont celui de Chasseneuil-du-Poitou qui emploie 571 salariés. Et pour l’intersyndicale qui s’est constituée dès l’annonce de la direction du groupe de téléphonie mobile le 23 mai, cette décision a signé la fin d’une époque.
Patrick-Emmanuel Murcott, l’un des dirigeants de la nouvelle société SAS Aquitel, a affirmé récemment qu'il répondrait aux interrogations des salariés « au cas par cas ». Mais le site de Chasseneuil n’est pas au niveau des standards du marché selon lui. Il faut rentrer de nouveaux clients (énergie, tourisme…). La stratégie d’Arvato inquiète les salariés avant même qu’elle n’ait été précisée. Et le risque de perdre à terme jusqu'à 30% de leur rémunération mensuelle les terrifie davantage.
Aujourd’hui, la direction d'Arvato services serait sur le point d’achever un audit de ce centre d'appels qui obtenaient jusque-là de bons résultats. « Elle va chercher tous les moyens de réaliser des économies internes. Ca va commencer par la machine à café qui va devenir payante puis pourquoi pas rogner sur la mutuelle… », s’affecte Marc Moreau, délégué du personnel CFDT. Les discussions sur ce point débuteront en septembre. De quoi mobiliser à nouveau les troupes. La tranquillité du mois d’août a permis d’oublier que les arrêts maladies se sont multipliés en juin et juillet. Une employée aurait même avalé un cocktail médicamenteux sur son lieu de travail avec pour seul message : « tout ça c’est de la faute de SFR ».
Une version contestée néanmoins par les rapports de gendarmerie et du CHU qui évoquent un « malaise ». En octobre, le tribunal de Paris, saisi par le Comité central d’entreprise, se prononcera sur la validité de la procédure de transfert. Si le retour dans le giron de SFR semble compromis, ce verdict pourrait cependant permettre de renégocier les indemnités de départ établies, estiment certains, « à minima ».
Romain Mudrak |