Les courbes de la Joconde en lumière12 Fév 2008 Au-delà de la polémique sur l’avenir de la Joconde, l’équipe du laboratoire de mécanique des solides, présent sur la Technopole du Futuroscope, a élaboré une technique véritablement efficace pour mesurer, sans contact, les déformations du bois et d’autres matériaux comme les papiers, cartons, polymères…
Plus précisément, les cinq membres de Photomécanique et Rhéologie ont imaginé un outil de mesure optique idéal pour déterminer les reliefs d’une surface sur laquelle la pose de capteurs est impossible. Ce fut le cas de la Joconde en février 2004. Le montage comprenait une source de lumière (un vidéo projecteur) et une caméra numérique. Une plaque de verre, sur laquelle était dessiné un millier de minuscules traits noirs alignés tous les millimètres, fut placée devant l’œuvre de Leonard de Vinci afin de projeter des ombres sur celle-ci.
Résultat : une sorte de carte topographique est apparue sur le tableau. Et un écart de 12 mm a été révélé entre les points les plus hauts et les plus bas de la toile. En outre, la modélisation numérique de la planche de peuplier, sur laquelle est peinte la Joconde, a dévoilé une zone de pliure traversant la toile. Les effets du temps mais aussi la pression du cadre en sont les principales raisons.
Dans les conditions actuelles de conservation, la « Belle » ne craint rien. En 2004, le LMS avait été amené à travailler gratuitement sur la Joconde avec un laboratoire de Montpellier car le Louvre souhaitait changer l’emplacement de la toile ainsi que sa vitrine. Aujourd’hui, Fabrice Brémand et son équipe tentent de mettre leur outil à la disposition du musée - si ce n’est le vendre - afin de réaliser un contrôle périodique de tableaux à travers leurs vitrines. Cette méthode pourrait également être utilisée pour certaines restaurations. Un gain évident de temps et d’efforts que le Louvre n’a pas l’air d’apprécier à sa juste valeur pour l’instant.
R.M.
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