Les Portes du Futur en reconquête13 Déc 2010 En mars dernier, un consultant parisien rendait une étude alarmiste sur le devenir des Portes du Futur, la zone commerciale de Chasseneuil. Neuf mois plus tard, l’attentisme des commerçants s’est transformé en volontarisme. Une urgence compte tenu de l’émergence de Poitiers Sud, d’une part, et du développement des autres pôles commerciaux.
Quatre scenarios d’évolution et une conclusion implacable : «l’affaiblissement du pôle commercial de Chasseneuil-du-Poitou ». L’étude nourrie de Thibault Le Carpentier, patron du cabinet parisien Obstand (1), avait fait l’effet d’une bombe, à la fin du premier trimestre 2010. Croissance de la population sur la troisième couronne, changements de comportements, retour en grâce du commerce de proximité, manque d’attractivité… Selon le consultant, tous les éléments indiquent que les Portes du Futur jouent leur survie dans les années à venir. Face à ce constat, les
quelque 130 commerçants du site (2) ont réagi. Quelques-uns en s’insurgeant contre « cette étude farfelue », la majorité en se mettant autour d’une table. « L’association des acteurs économiques des Portes du Futur est en sommeil depuis sept ans, confie Patrice Guionnet, dirigeant de Fly. En clair, nous n’existons pas collectivement.» Cet «oubli» est désormais réparé, avec l’émergence de groupes de travail en charge de « faire le buzz » autour de la zone. Une initiative pilotée par l’association des Entrepreneurs du Futur. La com’ lancée dans la presse, ces jours-ci, en est la meilleure illustration. Une manière de «répondre au rouleau compresseur de Poitiers Sud ».
Un baromètre dès janvier
Au-delà de cette opération ponctuelle, Les Portes du Futur vont mettre en place, dès janvier, un observatoire du commerce. «Comme en centre-ville de Poitiers, l’idée consiste à créer des indicateurs (chiffre d’affaires, fréquentation…) par secteurs d’activités », indique Philippe Prioux, responsable du service commerce et animation du territoire à la CCIV. Le but ? Mesurer l’attractivité de la zone, pardi ! Ce baromètre commercial sera d’autant plus utile quand Alinéa aura posé ses valises (12 000 m2), dans quelques mois. Lorsqu’on sait que 44% des enseignes sont spécialisées dans l’équipement de la maison, le risque d’une évasion de la clientèle vers le sud est particulièrement important. « Cette zone est extraordinaire et a de vrais atouts à faire valoir», clament en choeur les commerçants. La preuve, Grand Poitiers la considère comme un « pôle de rayonnement », au même titre que Poitiers sud et Coeur d’agglo.
Trafic fluidifié
Du reste, les Portes du Futur vont bénéficier d’un million d’euros pour « donner une meilleure lisibilité à son offre commerciale ». «À nous d’être force de propositions pour que cette somme serve à valoriser la zone. Si nous sommes constructifs et de bons conseils, nous serons écoutés », estime Philippe Jonvel, vice-président des Entrepreneurs du Futur. D’ores et déjà, les ménagements réalisés (giratoires, feux au rond-point de Leroy-Merlin…) ont permis de « fluidifier le trafic ». Reste à savoir si l’émergence du nouvel îlot commercial des Grands-Philambins (12000 m2), voulue par Grand-Poitiers sera de nature à conforter Les Portes du Futur dans son opération reconquête. Sur le sujet, les avis divergent…
(1) Cette étude sur l’avenir du commerce dans le département avait été commandée par la Chambre de commerce et d’industrie de la Vienne, en marge des Rencontres… du commerce.
(2) La zone des Portes du Futur compte 86 magasins (dont 59 enseignes nationales) répartis sur 72 000 m2. De son côté, la galerie marchande d’Auchan abrite 52 boutiques (dont 25 enseignes nationales) sur 10 000 m2. 44% des enseignes évoluent dans le domaine de l’équipement de la maison.
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