Denis Laming : « L’architecture n’est pas un acte isolé »12 Nov 2010 Figure de l’architecture française, Denis Laming a imprimé sa marque à jamais sur le Futuroscope et la Technopole tout entière. Entretien avec l’inventeur du mouvement néo-futuriste.
Denis Laming, quel regard portez-vous sur la manière dont la Technopole a poussé au pied du Futuroscope ?
« La Technopole est un organisme vivant qui se développe bien. Contrairement à beaucoup d’autres zones d’aménagement concerté (Zac), on ne s’y perd pas. On se repère toujours et ce repérage crée un lien avec les différentes composantes de cet ensemble. Ce lien est concrétisé par l’architecture néo-futuriste, un courant dont j’ai été l’initiateur il y a vingt-cinq ans. Il s’agit de créer des bâtiments de formes géométriques, auxquels on donne un sens et des symboles. Aujourd’hui, ce principe a été repris dans des milliers d’endroits dans le monde. »
Selon vous, l’architecture du Futuroscope et de la Technopole résiste-t-elle au temps ?
« Pour moi, cette architecture est à la fois historique et futuriste. Elle est totalement sortie de la mode et a su éviter l’obsolescence.Le pari est donc réussi. Ce registre architectural donne une unité à la zone, une identité, ainsi qu’une fierté forte. Ce site regarde vers l’avenir. »
« Un exercice de style délicat »
Comment ce mouvement peut-il se poursuivre avec les contraintes environnementales fortes qui pèsent aujourd’hui sur la construction ?
« Il est impératif que toutes les constructions, jusqu’aux détails liés au mobilier urbain, aillent dans le sens de ce qui a été fait jusque-là. Si on baissait la garde pour des raisons de rentabilité immédiate ou de politique, ce serait un sabordage de l’idée. Maintenant, il me semble évident que le développement durable doit être une composante forte des futurs projets. L’architecture n’est pas un acte isolé et ne doit pas être déconnectée de la réalité. »
Justement, certains bâtiments, tels que les Arobases semblent avoir être conçus sans tenir compte du confort d’utilisation. Les penseriez-vous aujourd’hui de la même manière ?
« Il est évident que, chaque année, on conçoit des bâtiments mieux optimisés que l’année précédente. Cela est dû à la prise de conscience environnementale et la baisse du coût des matériaux. Mais j’admets que la conception d’un bâtiment est un exercice de style délicat avec beaucoup de contraintes budgétaires, commerciales, d’usage… Si le maître d’ouvrage élabore un bâtiment axé sur le développement durable et qu’il ne le loue pas, l’objectif n’est pas atteint. »
À votre avis, la Technopole du Futuroscope doit-elle se transformer en véritable ville à part entière ?
« Le terme de ville est en perpétuelle évolution depuis un siècle avec de fortes connotations politiques et financières. Je pense plutôt que la Technopole est le coeur d’une communauté,géographique, territoriale, sociale… Le Futuroscope doit digérer son importance et, d’une manière ou d’une autre, engendrer à proximité une architecture qui aille dans le même sens.»
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