L’immobilier d’entreprise à la croisée des chemins12 Nov 2010 La demande de mètres carrés de bureaux se tasse sur la Technopole du Futuroscope. Et pourtant, de nouveaux bâtiments vont voir le jour en 2011, s’ajoutant aux 210 000 m2 déjà construits. Entre âge d’or et
incertitudes, photographie d’un secteur en perpétuelle mutation, développement durable oblige.
L’année dernière, le Département a cédé deux de ses bâtiments (Laser contact et Aquitel) à hauteur de 9 millions d’euros. La collectivité a réalisé un joli coup financier, compte tenu de l’apathie du marché depuis un an et demi… « Il y a effectivement un tassement depuis début 2010. La conjoncture est assez difficile», reconnaît Michel Caud, responsable de la direction de l’Urbanisme, des Nouvelles technologies et du Logement au Conseil général. Après une décennie de croissance, la Technopole connaît son premier (léger) coup d’arrêt.
« C’est toujours la principale zone de développement du secteur tertiaire, mais elle est de plus en plus concurrencée par le Pré Médard et le pôle de la Gare », constate Richard Schneekönig, dirigeant de l’agence ADP Immobilier. La concurrence serait-elle à l’origine de ce coup d’arrêt? La crise joue-t-elle un rôle majeur ? Au-delà, le prix des loyers est-il trop élevé ? Et les bâtiments sont-ils suffisamment isolés ?… La réponse à toutes ces questions tient lieu d’explication rationnelle.
L’offre et la demande
La concurrence ? Les observateurs la balaient d’un revers de la main, arguant «d’un pouvoir d’attractivité» incomparable. « Toutes les entreprises qui s’implantent nous le disent… », appuie Michel Caud. La crise, alors… Sur ce volet, Alain Debuschère se montre circonspect. « Certes, il y a eu un ralentissement économique. Mais quand vous voyez le développement de villes comme Tours ou Rennes… Les investisseurs choisissent les destinations les plus attractives. Et je ne voudrais pas que la Vienne passe après d’autres territoires », plaide le promoteur immobilier.
Histoire de forcer le destin, le patron de Debuschère et associés construira tout de même « trois nouveaux bâtiments sur la Technopole en 2011 », dont deux dans la zone industrielle de Chasseneuil. Ces nouveaux projets s’ajoutent à d’autres initiatives privées. « Deux bâtiments en bois vont voir le jour autour du lac», confirme Michel Caud. De quoi renouveler le parc immobilier, dont les premiers immeubles ont vu le jour… au milieu des années 80. On en arrive aux problématiques des loyers et du développement durable.
BBC et plus
Pour Richard Schneekönig, les deux éléments sont intimement liés. « Dans certains immeubles, j’ai constaté une baisse des loyers de 120 à 90l HT/m2/an. Les charges en matière d’énergie ont tellement augmenté que les locataires exigent une diminution des loyers pour compenser. » L’agent immobilier incite même les propriétaires à « réaliser des travaux d’isolation sous peine de nejamais trouver preneurs ».
Le responsable de l’Urbanisme au Département lui emboîte le pas. Lorsque nous rencontrons des chefs d’entreprise, la question environnementale est parmi la première à venir sur la table. Il est clair que nous sommes à un tournant, avec un certain nombre de bâtiments qui doivent évoluer. » Au-delà du coût des charges, le développement durable fait aussi figure d’argument marketing. «Dorénavant, nous exigeons des bâtiments basse consommation (BBC) voire mieux. », insiste Michel Caud. L’avenir de la Technopole en dépend. Qu’on se le dise…
|