Question : ils ont parcouru des centaines d’années lumière avant d’atterrir sur la Terre ; ils sont si petits qu’on ne peut pas les voir à l’œil nu ; ils sont capables de traverser toute forme de matière dont le corps humain. Ce sont… ce sont… les muons ! A peine plus grosses qu’un électron, ces petites masses ont passionné l'année dernière une poignée d’élèves du lycée pilote innovant internationale, à Jaunay-Clan.
Ils les observent depuis deux ans déjà. Et leurs travaux ont été remarqués. Le 29 juin, ces jeunes gens ont remporté le premier prix national du concours "Faîtes de la science" (un chèque de 1 500 euros).
Après avoir fabriqué une chambre à brouillard, capable de matérialiser les trajectoires des muons, l’équipe a gagné le droit d’utiliser l’un des sept « cosmodétecteurs » développés par le Centre de physique des particules de Marseille, en octobre 2009. Les mesures obtenues en deux mois dans la cour du lycée a séduit le jury national des Olympiades de physique qui lui a remis le premier prix, dit de « La Roue céleste », le 29 janvier dernier à Paris.
Des experts interloqués
Inscrite au programme « Sciences à l’école », l’étude des muons a mobilisé les jeunes plusieurs heures par semaine, en dehors des temps de cours. Cerise sur le gâteau, leurs résultats ont interloqué deux experts des muons du Commissariat à l’énergie atomique.
« Les travaux menés il y a 40 ans par Pierre Auger avaient été écartés par les chercheurs. Grâce à nos techniques modernes, nous avons réhabilité ce scientifique », explique Jean-Brice Meyer, enseignant de Physique au LP2I.
Elèves et chercheurs ont échangé des emails durant toute l'année. D’égal à égal. Cette expérience a suscité des vocations. En Terminale, Julien a trouvé sa voie. Il se lancera dans la recherche fondamentale :
« J’apprécie beaucoup d’avancer pas à pas vers la solution, d’autant que les réactions physiques sont observables immédiatement. » Et en plus, il a fait progresser la science.
Romain Mudrak