Un Noël en France24 Déc 2009 Les élèves chinois du Lycée pilote innovant et international s’apprêtent à vivre un nouveau Noël en France. Eloignés de leur famille, qu’ont-ils prévu pour les fêtes ? Réponses.
Zuer Chen a quelques difficultés à trouver ses mots. Arrivée en France en septembre 2008, elle ne comprend pas pourquoi les Français s’embêtent à conjuguer leurs verbes. À 16 ans, elle a intégré la classe de première de la section internationale du LPII. La seule du genre à accepter uniquement des Chinois. Son but ? Obtenir l’Option internationale du bac (OIB). À l’approche de Noël, ses parents lui manquent particulièrement. Heureusement, dès que les vacances commenceront, sa famille d’accueil prendra le relais : «Nous irons tous ensemble dans la maison des grands-parents à la campagne, et nous fêterons Noël autour du sapin», raconte l’adolescente. Comme le veut une tradition qui lui paraît au moins aussi étrange que de manger avec des couteaux.
Mélange des cultures
De son côté, Peïpeï Yan, 18 ans, retrouvera une vieille connaissance à Noël : «J’ai passé du temps en Guyane avant de venir en métropole. Pour les fêtes, mon ancien professeur de français me rendra visite. Et il a prévu de me faire travailler !» Un comble. Plus drôle encore, alors que tous les autres Chinois sont venus à Jaunay-Clan afin d’apprendre le français, cette jeune femme a souhaité, ici, reprendre contact avec le mandarin et la culture de son pays… Partie en Guyane avec son père pour des raisons professionnelles, elle ne pouvait parler que le français dans son collège. Ce qui explique son niveau exceptionnel.
«De toute façon, les élèves chinois maîtrisent correctement le français en moins de trois mois ici. C’est incroyable», s’enthousiasme Evelyne Azihari. Et les candidats sont nombreux, selon le proviseur du LPII. Actuellement, ils sont 20 élèves à être scolarisés en seconde et première au milieu de leurs 500 camarades. Pour tous, cela reste une expérience culturelle extraordinaire. «Les élèves français font beaucoup d’effort pour nous comprendre», souligne Peïpeï, qui se sent bien intégrée. Passionnée de dessin, Zuer a même créé son propre atelier de manga. En plein débat sur l’immigration, une chose est sûre, les personnes d’origine étrangère sont loin d’inquiéter les jeunes du LPII. Ils fêteront le Nouvel An chinois en février.
Romain Mudrak
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