Philippe Mahou, retour d’expédition29 Juil 2009 Du 18 avril au 31 mai, le directeur de la com’ du Cned est parti (*) à l’assaut du Manaslu, le huitième sommet le plus haut du monde. Extraits de son carnet de voyage.
Le défi
« Le Manaslu est un sommet à 8163 mètres, il s’agit d’une très belle montagne mais difficile avec des parties techniques. Avec Florent, nous nous sommes préparés dans des conditions normales avec plusieurs stages en montagne, notamment à Noël. Au-delà du rêve d’enfant que ce sommet représentait, nous l’avons aussi fait pour l’association « Himalaya pour Toi ».»
La plus grosse difficulté
« Dans la nuit du 11 au 12 mai derniers, nous nous sommes dit que nous vivions peut-être nos dernières heures. Il y a eu une énorme tempête. Nous étions sous un sérac (Ndlr : un énorme bloc de glace) mais nous étions en attente d’une nouvelle avalanche. Là, j’ai pensé à ma femme, à mes enfants, à ce que je ferai si je sortais vivant de là… »
Le souvenir marquant
« Nous étions à 7 200 mètres, sur le point d’arriver au dernier col. Et, d’un coup, nous avons découvert un cimetière de tentes. Dans l’une d’elles, un homme congelé qui avait l’air de saluer quelqu’un. À ce moment-là, j’ai ressenti un sentiment de colère. Je trouve inconcevable qu’on laisse un homme ici. Je me suis dit que la montagne, c’était « chacun pour sa peau ». L’ambiance était très lourde avec mes sept compagnons. »
La frustration
« Tout était prêt pour que nous arrivions au sommet. Il restait 4 heures de marche, un ultime effort. Le chef d’expédition de la cordée a préféré jouer la prudence à 7 700 mètres, avec une météo incertaine. C’était la dernière possibilité, nous avions déjà deux jours de retard… Ne pas être allé au sommet, cela ne change rien et cela change tout à la fois. Il manque la jubilation. Là, ne reste que la souffrance. »
Le beau geste
« Au final, nous avons récolté près de 5 000 euros au profit de l’association « Himalaya pour Toi ». Nous allons pouvoir aider l’IME de Biard, produire le film de notre expédition… Si c’était à faire, je le referais sans hésiter. »
(*) En compagnie d’un autre Poitevin, Florent Valleise.
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