On savait René Monory atteint d'une grave maladie qui l'affaiblissait depuis plusieurs mois déjà. Il avait pris sa retraite politique en 2004.
Alain Fouché, qui a remplacé René Monory à la tête du Conseil général cette année-là, a suivi une partie de sa carrière. Ami depuis 30 ans, il indique que René Monory
"savait se faire comprendre des gens". Résolument tourné vers le futur, ce passionné de technologie était "
visionnaire mais réaliste et créateur". On lui doit notamment le Futuroscope.
Que l’on apprécie ou non le personnage, sa manière d’agir ou de pensée, on ne peut contester le rôle de René Monory dans la modernisation et le renforcement de l’attractivité du département de la Vienne. Lui, qui ironisait sur les intellectuels, se qualifiait de
"vulgarisateur d'idées nouvelles". En imaginant, en 1983, un concept de parc de loisirs tel que le Futuroscope, qui drainerait des entreprises, des organismes de formation et des laboratoires de recherche sur ce qu’on allait appeler une technopole, le "Shérif" n’avait résolument qu’une seule idée en tête :
"Créer les conditions les plus favorables au développement d'un département rural en perte de vitesse."
Son parcours politique
Titulaire d'un simple certificat d'étude, le centriste était devenu maire de Loudun dès 1959, puis conseiller général en 1961. Il y siègera pendant 43 ans. Sénateur en 1968, il prend la tête du Département en 1971 pour ne la quitter qu'en 2004.
Le destin national de René Monory l'a conduit au poste de ministre de l'Industrie en 1977 puis de l'Economie, sous Giscard-d'Estaing en 1978. Il revient ensuite au gouvernement en tant que ministre de l'Education nationale, en période de cohabitation de 1986 à 1988. Président du comité intérimaire du Fonds monétaire international (FMI) de janvier à mai 1981, il a terminé sa carrière nationale à la présidence du Sénat, de 1992 à 1998.
Romain Mudrak