"Les problèmes sont derrière moi"24 Fév 2009 Ex-numéro 1 française, la cycliste Marina Jaunâtre (équipe Vienne-Futuroscope) a ressenti de bonnes sensations au dernier Tour du Qatar, début février.
Après une année 2008 remplie de déboires physiques, cette jeune femme de 26 ans, chargée de mission au service des sports de la Ville de Cholet, se dit à présent davantage à l’écoute de son corps.
On pouvait lire récemment dans un article de presse que la «nouvelle Marina Jaunâtre» était née… Vous avez vraiment le sentiment de renaître ?
«Non, pour moi, la vie est faite de hauts et de bas. Je m’inspire de ces moments pour évoluer. 2008 a été une très mauvaise année. Aujourd’hui, je cherche à revenir à un bon niveau en maintenant mes efforts. En revanche, j’ai changé d’état d’esprit. Même si j’ai encore tendance à trop forcer, j’écoute davantage mon corps qui reste mon premier outil de travail. Par ailleurs, cette coupure de plusieurs semaines m’a obligée à prendre du recul. Pendant longtemps, seul le vélo me rendait heureuse, j’essaie à présent de ne pas tout sacrifier à ce sport.»
Quelles ambitions portez-vous pour la saison 2009 ?
«J’ai du mal à parler d’objectifs car, actuellement, je ne passe pas trois semaines sans tomber malade. J’attends que l’hiver se passe ! Après mes soucis de santé liés à ma tyroïde, l’angoisse de revivre les moments douloureux de mars 2008 est toujours là. Mais logiquement, ces problèmes sont derrière moi, et mon médecin me contraint à des bilans réguliers pour confirmer tout cela.»
Hypotyroïdie, chute, fracture… L’année 2008 s’est traduite par une accumulation de galères. Avez-vous songé à arrêter votre carrière ?
«Très franchement, oui ! Je suis toujours parvenue à me raccrocher à mon envie d’être prête pour la compétition suivante, même quand j’ai appris que je ne participerai pas au Jeux olympiques de Pékin. Mais en octobre, c’est devenu très difficile. J’ai pris conscience que toute ma vie, ainsi que celles d’une partie de mes proches, pouvait s’arrêter du jour au lendemain. Finalement, j’ai dû prendre rapidement une décision. En décembre, je devais m’engager à nouveau ou abandonner. Mon père revenu d’Afrique où il était depuis plusieurs années, j’ai souhaité reprendre la compétition pour qu’il me voie gagner.»
Vous avez terminé 9e au classement général du premier Tour du Qatar féminin. Ce bon résultat est-il dû à une série de coups de chance ou vous sentiez-vous très forte au départ ?
«Je n’y allais pas pour faire un bon résultat parce que ma préparation n’était pas suffisante. Cette épreuve était un moyen de me lancer rapidement dans la saison. Les deux premières étapes m’ont rassurée. Ensuite, j’ai retrouvé mon rôle de leader comme en 2007.»
En dehors de la compétition, c’est comment le Qatar… ?
«C’est exceptionnel. On est posé au milieu d’un paysage très différent du nôtre avec cette impression forte de ne rien avoir à faire là. Pendant près d’une semaine, nos déplacements ont été très encadrés. Nous n’avons eu aucun contact avec la population locale, et encore moins avec les femmes car nous n’en avons vu quasiment aucune.»
Recueilli par Romain Mudrak |