Un mot d'ordre: confiance10 Oct 2008 «La liberté a pour contrepartie la responsabilité. Que ceux qui ont commis des erreurs soient punis.» Invité ce matin, vendredi 10 octobre, à s’exprimer sur la crise financière qui frappe actuellement les pays industrialisés, l’économiste Jacques Marseille a plaidé pour que les Etats cessent d’intervenir.
Devant l’assemblée régionale des commissaires aux comptes réunie au Palais des congrès du Futuroscope, le professeur et éditorialiste bien connu a souhaité plus de justice dans le monde bancaire : «Les entreprises bancaires bien gérées devraient pouvoir racheter aujourd’hui celles qui ont eu de mauvais dirigeant. Or, en garantissant les pertes, les Etats faussent le jeu.»
Il poursuit : «Pour légitimer ces nationalisations, on parle de crise systémique. Les faillites s’enchaîneraient. Moi je remarque que plus les Etats lancent des plans de sauvetage, plus les bourses s’effondrent. Pourquoi ? Parce que la peur grandit. Même sans cause rationnelle, plus on évoque l’existence d’un danger, plus on le crée. Ceux qui ont commis des fautes devraient payer, cela rassurerait la population.»
Le retour de la confiance, voilà le seul événement qui pourrait mettre fin à la crise, selon Jacques Marseille : «Les hommes politiques devraient oser prononcer le mot de récession au lieu de parler de croissance négative. Les gens auraient de nouveau confiance en eux et leurs actions. D’autant qu’un taux de croissance de 0 ou de -1 ne serait pas la mort au vu de l’histoire de France.» Dans le contexte actuel, le plus important est de garder confiance et de ne pas s’affoler : «Quand on a confiance en l’avenir, on se prête de l’argent et on investit. La confiance, c’est un point de croissance en plus. On sortira de cette crise comme des précédentes. Nous entrerons en récession légère, certes, mais le couplage entre crise financière et économique, comme en 1929, n’existe pas. Il faut garder confiance.»
Romain Mudrak
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