"J’ai toujours été attirée par l’aéronautique. Je ne me voyais pas entrer dans une autre école d’ingénieurs", indique cette jeune Deux-sévrienne, enthousiaste. Pour pénétrer dans ce temple du savoir scientifique, Lise a échappé à la terrible épreuve du concours. En effet, comme deux de ses camarades, elle a bénéficié d’un parcours particulier, dit "Licence renforcée". Ce cursus s'appuie sur le programme des deux premières années de la licence de Sciences et technologies de l'université de Poitiers auquel viennent s'ajouter des enseignements complémentaires élaborés par des universitaires et des professionnels. Au total, le nombre d'heures de cours va quasiment doubler pour atteindre 1 800 heures sur deux ans (L1-L2).
Moins de stress
"Cette voie s'inscrit entre l'université traditionnelle et les classes préparatoires, sans entrer en concurrence avec celles-ci, indique Gilles Raby, doyen de la faculté des sciences de Poitiers. E
lle a pour but de diversifier le public accueilli dans les écoles partenaires. Entre autres, elle pourrait attirer les étudiants qui rejettent l'esprit de compétition lié seulement au concours." Et c’est bien ce qui a attiré Lise.
"Je n’ai pas ressenti le stress de l’épreuve éliminatoire. Je suis entrée en licence sur dossier, un entretien et une épreuve de langue. Avec mon bac scientifique et mon niveau en anglais, c’est passé ! Ensuite, mes bons résultats m’ont permis de choisir l’Ensma."
Plus autonomes que les "Prépa"
La différence avec une
"classe prépa" ?
"Nous sommes plus autonomes et responsables. On n’a pas à justifier nos absences. J’ai rencontré des ‘Prépa’ qui avaient abandonné toute vie sociale pour mener à bien leurs études. Moi, je voulais trouver un bon équilibre."
25 candidats devaient être retenus la première année. Finalement, ils n’étaient que 11. A noter que la deuxième promotion était composée de 20 étudiants originaires de toute la France, tout comme celle entrée cette année. Dans la promo de Lise, 7 étudiants ont intégré l’une des dix autres écoles partenaires de l’université de Poitiers pour cette opération. Un seul a échoué mais il a pu s’engager dans une troisième année de licence. Reste à savoir si cet enseignement innovant permettra à Lise d’obtenir son diplôme d’ingénieur.
Romain Mudrak