Jean Tensi : « Une carte à jouer »11 Août 2008 Du 26 au 28 septembre 2008, l'aéroport de Poitiers-Biard accueillera le premier salon régional de l'aéronautique et de l'espace. Aérotop, c'est son nom, a germé dans l'esprit de trois ingénieurs de recherche du CNRS, dont Jean Tensi. Entretien.
Jean Tensi, comment est venue l'idée d'organiser un salon dédié à l'aéronautique et à l'espace?
« En 2005, en collaboration avec la Drire, le groupe Poitiers Centre-Atlantique de l'association aéronautique et astronautique de France (3AF, voir encadré) a exprimé le besoin de fédérer les acteurs de l'aéronautique et du spatial en Poitou-Charentes. Nous avons donc créé les jeudis de l'aéro, qui sont devenus des lieux de rencontres et d'échanges à raison de quatre rendez-vous par an. Très rapidement, nous avons obtenu la présence d'une trentaine de PME. Nous nous sommes donc dit qu'il fallait aller encore plus loin... »
Quel est le concept d'Aérotop, dont la première édition se déroulera du 26 au 28 juin 2008 ?
« La première idée fondamentale consiste à réunir pendant trois jours les acteurs de la filière, non pas pour les mettre en vitrine mais bien dans l'optique qu'ils se rencontrent et échangent. La deuxième idée vise à attirer le regard des collégiens, lycéens et étudiants de la région sur les métiers de l'aéronautique et du spatial en Poitou-Charentes. Près de 2 200 jeunes découvriront ainsi le 26 septembre les possibilités de carrières auxquelles ils pourraient prétendre à l'avenir. Enfin, Aérotop permettra au grand public d'assister à un meeting aérien avec des Rafale, Mirage 2000, Tigre Eurocopter... Au passage, nous mettrons en perspective l'avenir de l'aéronautique et du spatial avec la présence de quelques avions emblématiques, qui consomment moins d'énergie, fonctionnent à l'énergie solaire... »
On parle de l'avènement d'une véritable filière constituée en Poitou-Charentes. Quelles sont les forces en présence ?
« Justement, on pourra le mesurer le samedi 27 septembre au matin. Avec le concours de l'association Futurallia, nous avons décidé d'organiser des rendez-vous d'affaires et pas seulement entre industriels. Nous misons sur une cinquantaine de PME, sans compter la présence des six grands groupes : EADS, Thalès, Snecma, Sagem, Saft et Dassault. Il faut ajouter à cela Airbus, une dizaine de laboratoires CNRS, deux écoles d'ingénieurs (Ensma et Eigsi de La Rochelle) ou encore l'Université de Poitiers. »
Ce salon peut-il être le point de départ de collaborations accrues entre ces acteurs ?
« Nous l'espérons fortement... Ce dont on se rend compte aujourd'hui, c'est que les PME ne se connaissent pas, les industriels ne se connaissent pas, les PME ne sont pas connues des grands groupes. Ici à l'Ensma, les laboratoires de recherche ne travaillent qu'avec les grands groupes. Il y a vraiment une carte à jouer et les quelque 300 rendez-vous d'affaires devraient y contribuer. »
Recueilli par A.V.
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